Article: la fishroom
Test
Informations générales
La pièce que nous appelons la fishroom (ou local aquariophile) est une ancienne
cave située en plein centre de la maison (une ancienne ferme jurassienne de
1650). Avant d'être une fishroom, cette pièce a servi de local de construction
d'avions télécommandés, de cave et, dans une vie antérieure, elle faisait
certainement partie de l'étable. Les énormes poutres noircies des constructions
de l'époque sont encore visibles au plafond.
Cette
pièce mesure 300 x 270 cm (ce n'est pas bien grand, on peut se permettre de
compter les centimètres) et 190 à 228 cm de haut (190 sous les poutres
précitées). Elle ne possède par d'arrivée ni de sortie d'eau directe, mais
comme elle est située à côté de la buanderie, tout est à quelques mètres. Lors
de la rénovation de la maison, les murs ont été refaits; la pièce est maintenant
viable à une température de 22°.
Au fil du temps, la fishroom a débordé sur la buanderie qui accueille elle-aussi
des bacs dans chacun de ses centimètres disponibles. (photo à droite)
Tout au long de nos années aquariophiles, nous avons accumulé beaucoup de
matériel d'occasion (acheté dans des bourses ou sur Internet), nous avons construit
des bacs nous-mêmes et on nous a aussi donné beaucoup de choses. Le but
avec ce local était de faire au mieux avec ce qu'on avait. Investissement
minimum, mais en cherchant le maximum d'efficacité. La cerise sur la gâteau de
ce local a été l'achat en novembre 2005 de 2 racks de magasins dénichés pour pas
cher au club d'Evian lors de leur bourse.
L'investissement a donc été bien plus personnel (en temps, et en travail) que
financier.
Seuls les bacs de 10 à 20 litres ont été achetés à neufs dans une grande surface
de type jardinerie.
Le coût de fonctionnement est lui bien plus élevé. Et comme chaque bac est
équipé d'une pompe et d'un chauffage et que le local compte actuellement une
15aine de néons, la facture d'électricité se monte à environ 3000 CHF par année.
La fishroom et la buanderie comptent actuellement un total d'une 40aine
d'aquariums de 10 à 250 litres.
Contre
les murs ouest et nord nous avons 2 étagères de construction maison. Elles
mesurent 200 x 60 cm sur 2 étages. Elles sont construites en tube acier rond et
les plateaux sont en bois aggloméré de 2cm. Ces étagères supportent
principalement des bacs de grossissement, donc des volumes de 120 à 250 litres,
et quelques bacs plus petits pour la ponte et l'éclosion (20 à 60 litres).
Cette
étagère porte 4 grands bacs de 100 litres (le plus petit en haut à gauche) à 200
litres (les 3 autres). Ce sont des bacs de grossissement ou de maintenance avant
la vente des plus gros poissons (grands Melanos, Scalaires, etc...). J'aurai pu
ranger avant de prendre la photo mais ça vous aurait trompé sur le véritable
état de cette pièce la grande majorité du temps :-) Comme chaque centimètre
carré de la fishroom et de la buanderie est utilisé pour y poser un aquarium, je
manque singulièrement de place pour poser mes affaires.
Les bacs posés sur cette étagères sont équipés de
filtres extérieurs. L'éclairage est fixé sous l'étage du haut pour les bacs d'en
bas et carrément au plafond de la salle pour ceux du haut. L'inconvénient quand
on aligne des bacs hétéroclites sur ce genre d'étagère, c'est qu'on finit vite
avec des fils électriques ou des tuyaux partout. Il s'agit donc d'optimiser en
fixant les racks de prises au mur et en attachant les tuyaux (d'air par exemple)
pour qu'ils gênent un minimum.

La
deuxième étagère supporte aussi des bacs de grande taille à l'étage du bas. Un
bac de grossissement de 200 litres en bas à gauche dont on ne vois que la
moitié. L'accessibilité de ce bac n'est pas idéale, mais comme c'est un bac de
grossissement, je n'y pêche que rarement. A droite en bas il y a un bac de 200
litres partagé en 2 bacs cubiques de 100 litres. Ils peuvent être utilisés comme
bacs de ponte pour les scalaire par exemple. A l'étage du haut on a une étagère
de 6 bacs de 20 litres plus un de 40 et un de 60 litres. Les petits bacs servent
pour la ponte des petits ovipares (ex: Iriatherina werneri,
Puntius titteya, Hyphessobrycon eques (tetra sang),
Celestichthys margaritatus, etc...), ainsi que pour l'éclosion et le
démarrage des alevins. Ils sont munis de filtres à exhausteurs. Une pompe
interne à plus gros débit est ajoutée pour le grossissement des Loricaridés
comme par exemple les Sturisoma qui ont besoin d'un gros brassage et d'un
sol très propre.
L'escabeau est un
outil nécessaire dans ce local, bien que l'étage supérieur ne soit situé qu'à
1m20 du sol. Ce qui frappe l'œil de ce côté du local, c'est le manque
d'homogénéité des bacs. Cet aspect un peu fouillis est, je crois,
inévitable quand on construit sa fishroom avec du matériel d'occasion.
Coté
ouest et sud par contre, le coup d'œil est plus joli. C'est vrai que les racks
de magasin, ça en jette! Bacs homogènes, filtration, éclairage et électricité
cachés, c'est clean, c'est beau.
A droite, le petit rack: 106cm de large pour 228 de haut. 228 cm, c'est aussi
la hauteur du plafond. Il a donc fallu scier l'armature de l'étage du haut pour
pouvoir redresser le rack, et le refixer ensuite. Le haut du rack touche donc
le plafond, on ne le voit pas sur la photo parce qu'il est impossible de prendre
du recul dans un si petit local :-) Ce rack porte 4 aquariums de 80 litres
séparables en 2 ou en 3.
Les 2 racks de magasins ont donc été achetés pour un prix modique au club
aquariophile d'Evian lors de leur bourse annuelle. Ils les ont récupéré d'un
commerçant
qui
fermait boutique. On a d'abord décidé d'acheter le plus grand, puis quand
Thierry est allé le chercher en camion, il a pris le petit, parce que
finalement, c'est pas tous les jours qu'on trouve des occases pareilles. Tous
les aquariums étaient fournis avec filtration, pompe et chauffage. Il ne
manquait que l'éclairage, les couvercles et le bac du bas sur le petit rack.
Certaines vitres frontales avaient été changées parce que trop rayées.
Enfin
sur le dernier mur, le grand rack qui mesure 155cm de large pour 228 de haut. Il
a aussi été scié puis reconstruit pour pouvoir le faire entrer dans le local. Il
comporte 8 bacs de 60-80 litres séparables en 2, mais les séparations sont
rarement utilisées parce que les poissons trop petits passent de l'autre côté,
donc à quoi bon les séparer.
A gauche: les 2 étages supérieurs, avec en bas à droite de cette photo le seul
bac des racks à avoir un sol et un décor fixe, c'est pour l'instant le bac de
maintenance des L201.
Photo
de droite: les 2 étages inférieurs avec en bas les 2 bacs de 80 litres non
séparables.
Les aquariums des racks de magasins ont plusieurs fonctions:
1. Le grossissement des poissons entre 1.5 et 4cm
2. Bacs de ponte des espèces qui seraient à l'étroit dans 20 litres (par exemple
Colisa lalia, Pseudomugils furcatus, Ancistrus)
3. La présentation des poissons à vendre (principalement la lignée de bacs qui
se trouve à hauteur des yeux)

Et parce que tout espace disponible est utilisable, voilà
à gauche l'indispensable étagère à matériel sur laquelle on place encore
quelques petits bacs et un éclosoir à artemias.

La buanderie a elle-aussi est investie par des aquariums de toutes tailles. Un
bac de 200 litres partagé en 2 abrite d'un côté les plantes à vendre, de l'autre
les reproducteurs guppies et platys dans un fouillis de plantes destinées à
protéger les alevins.
Et une étagère supportant 5 bacs de 20 litres, 2 de 10 litres et un 100 litres
en bas. Comme pour les petits bacs de la fishroom, ceux-ci servent pour la ponte
des petits ovipares, l'éclosion et le grossissement jusqu'à 1.5-2 cm. On a aussi
quelques killies dans certains de ces petits bacs. L'aquarium du fond n'étant
pas des plus faciles d'accès, j'y ai placé un groupe de Melanotaenia
maccullochi "Skull creek" avec un mop que je sors de temps en temps pour
prélever les œufs.
Voilà, ça fait en tout 7 étagères et 41 aquariums de 10 à 250 litres. Environ
3000 litres de bonheur liquide... et un peu de travail aussi!
Comme déjà mentionné, le local n'est pas équipé d'un robinet, ni d'une
évacuation d'eau. La buanderie se situant juste à coté (derrière l'étagère),
l'eau arrive dans le local par un tuyau (orange sur la photo. C'est de ce tuyau
que je me sers pour remplir les aquariums. L'osmoseur est également branché sur
le robinet de la buanderie et un long tuyau amène l'eau osmosée jusqu'aux bacs
de la fishroom ou au gros bidon dans lequel je stocke prépare le mélange d'eau
douce.
Pour l'évacuation, l'eau siphonnée dans les bacs va dans tonneau de
gauche dans lequel se trouve une pompe à immersion qui se met en route dès
que le niveau est suffisant et rejette l'eau sale dans le tuyau d'évacuation qui
se situe un peu plus loin. La pompe
étant indispensable puisque le tuyau d'évacuation est situé plus haut que le
bidon. Investissement minimum, efficacité moyenne. Il faut en effet être très
attentif quand on est en train de remplir un aquarium, d'en vider un autre par
siphonage et de vider le tonneau simultanément, le tout à des débits différents. C'est l'inconvénient majeur de ce local, mais aussi le plus difficile
à résoudre sans grand investissement.
Pour récupérer l'eau de pluie, nous avons un bidon plastique de 300 litres
disposé sous un chéneau. Le couvercle du bidon est enlevé une dizaine de minutes
après le début d'un orage, afin d'éviter toutes les particules présentes dans
l'eau qui a "lavé" le toit au début de l'averse. En hiver, la neige et le gel
rendent impossible la récupération d'eau de pluie, c'est pourquoi nous avons
acheté un osmoseur.
Fonctionnement des bacs
Les
bacs des racks sont tous équipés d'un filtre à décantation interne. L'eau est
aspirée au niveau du sol à travers un trou protégé d'une petite grille (en bas à
droite), puis elle passe au travers de 2 masses de filtration, l'une grossière,
l'autre plus fine (du perlon), puis elle est recrachée dans le bac par une
petite pompe de rejet. C'est un moyen de filtration efficace, pas cher et très
facile d'entretien. Le désavantage de ce type de filtration est que le
trou d'aspiration peut se boucher assez vite avec des déchets végétaux ou de
nourriture. Ces bacs ne sont pas non-plus idéaux comme bac de ponte et surtout
d'éclosion, puisque les alevins se font facilement aspirer dans la décantation.
Les petits bacs de 10-20 litres utilisés pour l'éclosion ou les premières
semaines de vie des alevins sont équipés de filtres à exhausteurs. Il s'agit
soit d'un petite boite d'angle remplie de perlon, soit d'un cylindre de mousse
sur un tube plastique. Tous ces filtres sont branchés sur une unique pompe à air
assez puissante. Ce type de filtration est idéal pour des petits volumes, il
permet la prolifération dans les masses filtrantes des bonnes bactéries
nécessaires à l'équilibre du bac, ne produit qu'un courant minime et n'aspire
pas les alevins.
Certains bacs de 60-100 litres sont équipés de filtres internes, et les pus gros
120-200 litres de filtres externes, pour la plupart de la marque EHEIM. 3 bacs
sont équipés d'un filtre d'angle de fabrication artisanale où l'angle du bac est
coupé par une paroi de mousse filtrante rigide derrière laquelle se trouve une
pompe de rejet.
Nous ne recherchons ni l'uniformité ni l'esthétisme, mais le côté pratique et un
investissement financier minimum. Tous les filtres externes sont du matériel de
récupération. Les tuyaux et les pompes de rejet (vendues comme pompes pour les
fontaines) sont bien moins chers en jardinerie qu'en magasin aquariophile.
Le nettoyage des masses filtrantes n'est pas systématique, il est effectué soit
quand elles sont visiblement sales, soit quand le débit diminue. Comme la
population des bacs diffère selon qu'ils soient des bacs de ponte, de
grossissement ou d'exposition, les masses filtrantes sont rincées à un
intervalle de quelques semaines pour les bacs très peuplés à quelques mois pour
les bacs de ponte.
Un changement d'eau est effectué toutes les semaines, voire plus si nécessaire.
Selon la population du bac, entre 10 et 30 % de l'eau est changée. Dans les bacs
nus, les déchets au sol et dans la décantation sont siphonnés au tuyau. L'eau
neuve est ajoutée directement avec un tuyau d'arrosage au débit modéré pour les
poissons évoluant dans l'eau du robinet. Pour les poissons qui ont besoin d'une
eau plus douce, l'eau du robinet est soit mélangée dans un bidon avec de l'eau
de pluie ou osmosée, soit elle vient directement de l'osmoseur par un long
tuyau.
Tous les tubes néons de la fishroom sont des tubes aquariophiles. Ce sont des
néons de toutes marques, souvent vieux de plusieurs années qui ne sont plus
indiqués pour des bacs décoratifs plantés, mais qui vont encore très bien pour
une fishroom où il s'agit juste d'avoir de la lumière et pas de faire pousser
des plantes. Les néons sont pour la plupart fixés juste au-dessus de l'aquarium
ou carrément au plafond pour ceux qui éclairent les bacs du haut sur les 2
étagères "maison".
L'éclairage est géré par 2 minuteries. Les bacs sont allumés 12h par jour, de
9h30 à 21h30. Il m'arrive d'allumer une petite lampe d'appoint ou la lampe de la
buanderie une heure avant l'allumage des néons pour stimuler la ponte des Melanos
qui apprécient la lumière naissante de l'aube (l'idéal étant un rayon de soleil,
mais on ne peut pas tout avoir).
La température de la fishroom se situe aux environs de 22°C, comme les locaux
avec lesquels elle communique. Étant donnée que la pièce n'est pas totalement
fermée et ne possède pas de chauffage, il est impossible de la chauffer à 25°C,
ce qui serait la solution la plus économique et la plus pratique puisque la
majorité des bacs n'auraient pas besoin de chauffage. Nous sommes donc
contraints de chauffer chaque bac individuellement.
La décoration des bacs n'a pas grand chose d'esthétique. Elle répond surtout à 4
besoins précis:
- Elle a un rôle dans le processus de reproduction, par exemple les racines
pour les Ancistrus, les tuyaux, amphores, etc... pour la ponte des
Tateurndina, les mops de mousse de Java, laine ou plastique pour les
Melanotaenia, des plantes touffues comme cachettes pour les alevins de guppies
et platys, des plantes flottantes pour les nids des Colisa, etc...
- Elle a un rôle dans le régime alimentaire des poissons, comme par exemple
les fibres du bois qui sont nécessaire à de nombreux poissons de fond ou
encore la mousse de java ou les plantes flottantes comme la riccia qui
contiennent une microfaune dont se nourrissent les alevins.
- Les plantes me paraissent nécessaires dans les bacs de reproduction et
d'élevage comme points de repère ou "bornes territoriales" pour les poissons
ou comme cachettes. Elles contribuent à déstresser les poissons. C'est aussi
plus joli à l'œil.
- Les plantes des bacs de l'appartement poussent bien et les bacs de la
fishroom me permettent de stocker les plantes en trop en vue d'une
hypothétique vente.

Le maître mot dans la décoration des bacs de la fishroom c'est la MOBILITÉ.
Toutes les plantes sont en pot. Quand je dis "pot" il s'agit le plus souvent
d'un récipient plastique (ex: fond de bouteille de PET) avec un peu de substrat
maison au fond et du gravier au dessus. Quand il faut pêcher les poissons, toute
la décoration est enlevée au préalable pour faciliter les mouvements
l'épuisette.
L'élevage des poissons
Les bacs ne sont pas attribués définitivement à une espèce ou une fonction, tout
change constamment au gré des poissons en reproduction à ce moment-là et de
leurs besoins. Mais il y a des constantes logiques: les grands bacs (120-250
litres) sont utilisés pour le grossissement des grands poissons (ex:
Melanotaenia), les petits bacs (7-20 litres) pour l'éclosion ou la ponte des
petits poissons et crevettes (ex: Puntius titteya), les bacs intermédiaires
(60-100 litres) pour la maintenance et la ponte des géniteurs, le grossissement
des petits poissons (ex: Tateurndina), l'exposition des poissons à vendre.
Quelques détails sur certaines espèces élevées chez nous:
 
Les géniteurs de la famille des Melanotaeniidés (dont font partie aussi les
Glossolepis ou les Marosatherina) sont placés à 3 (1 mâle, 2 femelles) ou 5 (2 mâles, 3 femelles)
dans des aquariums d'environ 100 litres, parfois un peu plantés, avec un mop
comme support de ponte. Les Melanotaeniidés pondent des œufs à filament, ils se
collent à un support auquel ils sont attachés par un fil minuscule.
Un mop est un écheveau de fibres naturelles (comme une touffe de mousse
de Java) ou synthétiques (comme de la laine ou des fibres plastiques de type
pré-filtre). Les mops synthétiques on l'avantage de pouvoir être bouillis dans
l'eau pour les débarrasser d'éventuels parasites. Un mop de type écheveau emmêlé
doit être placé dans un petit bac pour l'éclosion, il n'est pas pratique pour
l'observation ou le comptage des œufs mais protège efficacement les œufs de la
voracité des parents. Une alternative est le mop flottant. C'est un groupe de
fils de laine synthétique placés côte à côte et attachés à un support flottant
(bouchon de liège ou morceau de polystyrène). On choisit de préférence une
couleur foncée qui facilite la vision des œufs. On sort ce mop de l'eau et on
procède à la cueillette des œufs collés aux fibres. C'est la méthode la plus
pratique pour un recensement précis des pontes. Les œufs des Melanotaenia sont
durs, ils peuvent être saisis entre 2 doigts, et supportent d'être à l'air
libre. Ils sont placés dans un petit bac d'éclosion, collés à une touffe de
mousse de Java qui leur fournira leur première nourriture sous forme
d'infusoires.
Les petits bacs d'éclosion sont nus et équipés de
filtres exhausteur ou petits filtres internes à faible débit. Les alevins
commencent leur croissance dans ce bac puis ils sont transférés dans un aquarium
plus grand quand ils ont atteint env 1 1/2 cm. Les géniteurs d'espèces
différentes ne sont pas mélangés pour éviter les hybridations, mais les bacs de
grossissement accueillent des Melanotaeniidés de plusieurs espèces, de sorte
qu'il faut attendre quelques mois avant de pouvoir les identifier clairement.
Cette façon de procéder ne vient pas d'un goût prononcé pour les surprises, mais
au vu du nombre d'aquariums à disposition, les Melanotaeniidés en grossissement
sont groupés par taille et non par espèce.
Pour
les Platys, j'ai quelques souches de couleur que j'aimerais garder pures (Wagtail,
Mickey, Sunset), donc ces femelles-là ne sont placées qu'en présence d'un mâle
de leur couleur. Les pondeuses sont ensuite placées toutes ensemble dans un bac
de 100 litre où je récupère les alevins cachés dans la mousse de Java. Pas de
pondoir barbare, ni d'isolement de la femelle prête à pondre. L'élevage des
ovovivipares n'est pas intensif, quelques alevins se font certainement manger
mais l'accent n'est pas sur la productivité. Cet élevage doit rester le plus
simple possible afin de ne pas y consacrer plus de temps que nécessaire.
Quelques Platys se reproduisent aussi dans l'aquarium communautaire des
ovovivipares et je récupère aussi des alevins de souche mélangées.
L'élevage des Guppies est encore plus simple dans la mesure où je n'essaie pas
de fixer une couleur par la sélection. Les plus belles et plus grosses femelles
sont sorties de l'aquarium communautaire et placées dans un aquarium de 80
litres ou je récupère les alevins dans la mousse de Java ou les plantes
flottantes. Elles font un petit passage au vert dans le bac communautaire de
temps en temps pour faire un tournus. L'important dans cet élevage de Guppy est
d'avoir des poissons en bonne santé provenant de souches différentes afin
d'éviter la consanguinité. Je ne dénigre pas ceux qui sélectionnent les Guppies
et tentent de fixer des caractéristiques ou des couleurs bien précises (je le
fais dans une certaine mesure avec mes Platys), mais ce n'est simplement pas
l'objectif de mon élevage de Guppy.
Les
petits ovipares comme le Puntius titteya ou le Tetra sang (Hyphessobrycon eques)
sont placés pour la ponte dans des petits bacs (env. 15-20 litres) dont l'eau se
rapproche des caractéristiques idéales pour chaque espèce. Comme je n'ai pas
encore fabriqué de grilles pour protéger les œufs tombés au sol, je me contente
de leur fournir un lit de cailloux ronds qui remplacent les billes de verre qui
coûtent un prix fou. Une touffe de mousse de Java, une plante à feuilles si
nécessaire (les titteya aiment bien batifoler dans les feuilles de Crypto), un
filtre exhausteur, voilà pour l'équipement. Les géniteurs sont placés dans le
bac en fin de journée et retirés soit le lendemain, soit quelques jours plus tard,
soit dès que j'aperçois des œufs ou des alevins.
Les Characidés plus grands comme le Tetra empereur (Nematobrycon palmeri) sont
placés dans des aquariums plus grands. Pour le Copella arnoldi qui pond hors de
l'eau, se référer à cette page pour des
informations détaillées.
Les alevins naissent et grossissent dans les petits bacs de ponte jusqu'à ce
qu'ils aient la taille d'être transférés dans des aquariums plus grands et plus
filtrés. Dans certains cas où seuls quelques alevins sont récupérés je les place
dans un petit bac bourré de plantes comme de la mousse de Java ou des
Ceratophyllum à la surface et je les récupère dès qu'ils ont atteint une bonne
taille (1cm1/2).
Le nombre de bacs de la fishroom n'étant pas illimité il faut parfois
rationnaliser et utiliser un bac pour plusieurs fonctions. Par exemple: des
alevins de Guppy grossissent dans le bac de ponte des Ancistrus, les Copella
partagent leur bac de ponte avec un couple reproducteur de Mikrogeophagus
ramirezi (ils ont des zones de vie et de ponte bien distincts), un alevin de
Tetra empereur de 6 mm partage un petit bac avec un Epiplatys dageti de la même
taille, un Epiplatys mâle adulte cohabite avec des Tateurndina ocellicauda le
temps de trouver un acheteur.
Tous les poissons de l'élevage sont nourris plusieurs fois par jour: 2 fois pour
les poissons adultes et sub-adultes, 3-4 fois pour les alevins.
Les
adultes et sub-adultes reçoivent une fois de la nourriture sèche (granulés,
flocons, tablettes) et une fois de la nourriture congelée (artemias, larves de
mousitque, mélange fait maison) ou vivante (mouches, vers Grindal). Comme
nourriture sèche, j'utilise les produits de la marque SAK. Cette nourriture est
idéale pour l'élevage, car les granulés existent en 6 grosseurs différentes (de
0.01 à 3.3 mm) pour s'adapter à toutes les bouches. On peut choisir parmi 6
variétés dont la composition varie en fonction des besoins des poissons (par ex:
SAK green a une haute teneur en végétaux pour les poissons de fond,
labyrinthidés, Melanos). Pour les bacs d'ensemble, il existe la variété SAK mix
qui convient à tous les poissons.
Pour la Suisse, vous pouvez vous procurer les produits SAK sur le site suivant:
ou les acheter chez moi.
Les alevins sont nourris 3-4 fois par jour avec de la nourriture vivante jusqu'à
une taille d'un cm, taille à laquelle j'introduis la nourriture sèche (granulés
très fins) en parallèle au vivant. Les alevins d'ovovivipares peuvent être
nourris aux nauplies d'artemia dès leur naissance mais les alevins d'ovipares
ont besoin de nourriture plus petite au démarrage. Dès que ces alevins sont en
nage libre, ils sont nourris à la paramécie. Puis j'ajoute des microvers ou des
anguillules, et ensuite des nauplies d'artemia. Je veille à donner plusieurs
types de nourritures vivantes afin que chaque alevin trouve une proie qui lui
convienne, car dans une même ponte, les alevins ne grandissent pas tous à la
même vitesse. Les grands alevins reçoivent de temps en temps des vers Grindal.
Ces nourritures vivantes de petite taille ont l'avantage d'intéresser l'alevin,
d'autre part, elles restent vivantes longtemps dans l'aquarium et sont donc à
disposition des alevins pendant plusieurs heures.
Pour plus de détails sur les nourritures vivantes et leur culture, référez vous à
cette page.

|